Facebook : un profil mis à jour comme preuve irréfutable ?
17 octobre dernier, Brooklyn. Un Américain de 19 ans est accusé de vol à main armée contre deux passants. Mais voilà, le jeune homme a déclaré avoir mis à jour son profil Facebook depuis l’ordinateur de son père à Harlem, quelques instants seulement avant l’agression. Un alibi électronique qui va le disculper aux yeux de la cour.

Les réseaux sociaux, une nouvelle arme juridique ?
Facebook serait-il en train de se substituer à toute enquête judiciaire ? En septembre dernier, un voleur avait été appréhendé grâce au réseau social le plus utilisé au monde. En effet, le malfrat avait alors mis à jour son statut depuis l’ordinateur de sa victime, en inscrivant alors « doing robbery » (en train de commettre un vol). Pas très futé, certes. Mais Facebook avait aussi permis à deux fillettes d’être sauvées alors qu’elles étaient coincées dans un collecteur d’eaux pluviales. Elles avaient updaté leur profil depuis leur téléphone portable, et leurs amis avaient alors alerté les autorités compétentes.
Et c’est aussi ce qui a sauvé Rodney Bradford, un jeune new-yorkais de 19 ans. Accusé d’avoir agressé deux passants à Brooklyn le 17 octobre, il avait clamé son innocence, avec comme seule preuve la mise à jour de son profil Facebook depuis l’ordinateur de son père, qui habite Harlem. L’accusation vérifie l’information auprès du réseau social : la connexion provenait bien de l’adresse IP du PC du père. Après douze jours d’incarcération, toutes les charges contre le jeune homme ont été abandonnées. Mais si son innocence ne faisait aucun doute, comment pouvait-on être sûr que c’était bien Rodney Bradford qui se trouvait derrière son ordinateur à ce moment-là ?
Cette affaire met directement en cause la confiance que peut attribuer la justice envers les preuves numériques. Car si le profil de Rodney avait effectivement été mis à jour quelques minutes avant l’agression, rien ne prouve qu’il est l’auteur de ce message. Avec un identifiant et un mot de passe, n’importe qui aurait pu se substituer à lui derrière le clavier. Pour son avocat, Robert Reuland, il s’agit néanmoins d’un « alibi solide », confirmé par le père et la belle-mère du suspect. Et c’est sans doute ce qui a conforté le jury dans sa décision de relaxer le présumé coupable au bout de deux mois. Comme quoi, demander à sa copine où elle a rangé les gâteaux peut vous éviter la prison. Merci Facebook.
Akyryn
4e licence 3G : Free (Iliad), dernier candidat en lice
Après Bolloré, Kertel ou encore Orascom, c’est au tour de Numéricable et de Virgin Mobile de jeter l’éponge dans la course à la quatrième licence de téléphonie mobile. Les deux opérateurs ont renoncé à déposer conjointement un dossier jeudi 22 octobre, soit à une semaine de la date limite du 29 octobre fixée par l’Arcep, les gendarmes des télécommunications.
Comme raison à leur désistement, les dirigeants de Numéricable et de Virgin Mobile ont invoqué de « nombreuses incertitudes » liées au déploiement d’un nouveau réseau 3G. Le titulaire de la quatrième licence devra en effet couvrir 25% de la population en métropole dans les deux ans, et 80% dans les huit ans. Pierre Danon, PDG de Numéricable, avait pourtant assuré que la société et ses partenaires possédaient tous les moyens financiers nécessaires, et qu’ils avaient déjà réunis « à peu près 300 à 400 millions d’euros ». Un apport insuffisant : les dernières estimations du déploiement du réseau font état d’un montant pouvant atteindre un milliard d’euros. Auquel s’ajoute le prix de la licence 3G, à savoir 240 millions d’euros. C’est cet investissement faramineux qui est la cause de la réticence de Virgin Mobile et Numéricable.
« C’est un raisonnement économique », concède Pierre Danon. Ce prix exorbitant s’explique par des difficultés techniques et juridiques. Le 15 octobre, un rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset), dans le cadre du Grenelle des ondes, a conclu qu’il n’y avait aucune preuve convaincante d’un effet sanitaire à court ou à long terme dû à l’exposition aux radiofréquences. Or, il y a une « inquiétude grandissante de la société française », a estimé le PDG de Numéricable. Un autre facteur s’ajoute à la méfiance des riverains et des élus : le manque de place à côté des réseaux existants. « Ces faits tangibles ne seront pas sans conséquence sur le délai et le coût du déploiement du réseau » ont indiqué les deux partenaires. Ainsi, en fonction de la facilité d’implantation, obtenir la pose d’une antenne-relais peut coûter entre 5 000 et 70 000 euros et peut durer jusqu’à trois ans. Au total, c’est 12 000 antennes qui devront être posées, alors que le marché semble quasi-saturé.

4e licence 3G : une coalition « tout sauf Free » ? (Photo : PCinpact.com)
Le découragement des deux opérateurs ne peut que profiter à Free. À deux jours de la date limite du dépôt de dossier, la maison mère de Free, Iliad, apparait comme le seul candidat potentiel – et crédible – à l’attribution de la quatrième licence 3G. Le fournisseur d’accès Internet espère ainsi convertir ses nombreux clients ADSL à la téléphonie mobile. Mais être seul en lice ne garantira pas à Free l’attribution de cette licence. En 2007, le dossier de Free, alors unique candidat, s’était vu rejeté. Motif : « jugé non conforme aux critères de qualification ». Free a d’ailleurs promis de réduire drastiquement le coût des abonnements s’il entrait sur ce marché. Ce qui ne plaît guère aux opérateurs actuels : le 21 octobre, Bouygues Telecom a déposé deux recours auprès du Conseil d’État pour faire annuler l’appel d’offre, et Vivendi (SFR) a confirmé avoir fait de même en début du mois.
Ces actions de la part des concurrents donnent du crédit à Xavier Niel, PDG d’Iliad, qui dénonçait il y a quelques semaines une coalition « tout sauf Free ». Le président Nicolas Sarkozy avait même contribué à la polémique, se disant « réservé » quant à une quatrième licence 3G. Et d’ajouter que « le prix le plus bas n’était pas forcément le meilleur ». Un lobby des opérateurs donc, peu désireux de voir un nouvel arrivant sur leur terrain de jeu. Même si les conditions d’attribution sont contestées par les acteurs du secteur, Xavier Niel n’en démords pas. « Obtenir la quatrième licence 3G est notre priorité », a-t-il déclaré fin août. Free sera bientôt fixé : l’Arcep devrait rendre sa décision début 2010, voire avant Noël s’il n’y a qu’un seul candidat. Et sauf coup de théâtre, c’est ce cas de figure qui semble se profiler.
Akyryn
Machinarium, la nouvelle perle du jeu indépendant
Depuis quelques années, l’industrie du jeu vidéo se lance dans une course effrénée au chiffre d’affaires. Les budgets explosent (près de 100 millions de dollars pour GTA IV) et les licences deviennent de plus en plus rentables grâce à une pléthore de suites. Les jeux s’ouvrent au grand public pour engranger d’autant plus d’argent dans les caisses. Paradoxalement, de petits studios indépendants sont de plus en plus nombreux à se lancer dans l’aventure. Du développement à l’édition, ils démontrent qu’il est encore possible de réaliser un jeu de qualité à moindres coûts. Les récents succès de World of Goo ou de Braid en témoignent. Dernier en date, Machinarium, un jeu d’aventure tout droit sorti de l’antre d’Amanita Design. Et déjà encensé par la presse comme un véritable bijou vidéo-ludique.

Bonjour, voici... heu... un petit être robotique désireux de retrouve son chez-lui.
L’histoire commence avec un robot, éjecté de sa ville et séparé de sa promise. Ce petit autochtone automate va devoir se frayer un chemin à travers un monde entièrement mécanique. Dans ce ʺpoint and clickʺ, pas l’ombre d’un dialogue. Tout n’est que rouages, antennes, boutons et tuyaux. Et notre protagoniste de tôle – bien plus sobre que Bender et bien moins téméraire que R2-D2, mais tout aussi attachant – évolue d’une scène à l’autre en résolvant des énigmes. Rien d’original : des objets à ramasser, à combiner, et à utiliser à l’endroit et au moment opportun. Certains casse-têtes sont poussifs, mais tous restent d’une logique absolue : on est bien loin des puzzles loufoques de Runaway. Ce petit droïde communique donc avec les autres robots au moyen de bulles de bandes-dessinées. Elles donnent des indications primordiales à la progression : elles désignent un objet à trouver ou une action à réaliser. Mais parfois, ces bulles se remplissent de flash-back. Une manière d’en apprendre un peu plus sur la vie du personnage et de s’immiscer dans un univers beaucoup plus humain qu’il n’y paraît.

Les décors se scindent souvent en vignettes. Un style poétique et très emprunté de la BD.
Plus que de faire cogiter le joueur, le propre de Machinarium est de l’enchanter. C’est une véritable incitation au voyage. Chaque décor du jeu émerveille : les dessins fourmillent de détails, et l’arrière-plan souvent griffonné ne fait que rajouter davantage de poésie à l’ambiance déjà envoûtante. Cerise sur le gâteau, le jeu mérite d’être parcouru rien que pour la bande originale. Des sonorités souvent indéfinissables, mais toujours oniriques. Douces ou saturées, elles rythment le parcours de notre petit robot. Un parcours semé d’embuches, mais qu’il est toujours possible de dénouer grâce à un double système d’aide. Première étape, une bulle qui donne idée du déroulement de la situation. Si vraiment le joueur bloque toujours, il est possible d’avoir la solution complète de la scène – après avoir passé un mini-jeu d’arcade relativement fastidieux. Mais rien que la planche d’esquisse décrivant la marche à suivre pour résoudre l’énigme en vaut la chandelle.

Un exemple des "dialogues" du personnage. Simpliste, mais redoutablement efficace.
On pourrait reprocher au jeu sa faible durée de vie. L’aventure – bien qu’intense – peut durer moins de cinq heures pour un joueur aguerri. D’autant plus que le jeu, réalisé intégralement en Flash, ne permet pas de déplacements rapides. Mais les quelques défauts de Machinarium sont vite gommés par son ambiance insaisissable et sa réalisation irréprochable, surtout au vu des moyens dont bénéficient les petits gars d’Amanita Design. Pour obtenir ce chef-d’œuvre, il vous faudra vous délester d’une quinzaine d’euros. Le jeu, disponible sur le site des développeurs, est d’ailleurs téléchargeable avec l’intégralité des musiques. Au final, Machinarium reflète la créativité de ses développeurs : c’est un jeu bourré de talent et d’instants émouvants pour une expérience magique.
Akyryn
Des exemplaires de Windows 7 s’écoulent déjà à Paris
Alors que le nouveau système d’exploitation de Microsoft fait son apparition officielle demain, des magasins d’informatique parisiens n’hésitent pas à proposer à leurs clients des licences valides du logiciel.
12e arrondissement, rue Montgallet. Sur une vingtaine de commerces visités, la moitié a accepté de vendre un exemplaire de Windows 7 à Guerric Poncet, journaliste du site Lepoint.fr. Aussitôt rentré, ce dernier teste une version Familiale Premium, achetée pour 129 euros. La clé d’activation est valide, le système correctement authentifié par les serveurs de Microsoft. Tout a l’air conforme à l’original : l’emballage, le certificat de sécurité, les hologrammes. Le doute d’une copie frauduleuse s’éloigne peu à peu. Le journaliste révèle alors les pratiques de ces commerçants dans une vidéo [1].

Une version - en apparence - authentique avant sa sortie officielle : la fièvre Windows 7 a déjà touché les revendeurs parisiens.
Une nouvelle qui contrarie la firme de Redmond. Arnaud Lambert, chef de produit chez Microsoft France, est catégorique : « personne ne doit vendre Windows 7 avant jeudi [22 octobre] ». Une règle qu’ont dû omettre les quelques boutiques ayant distribué le système d’exploitation depuis lundi. Et même s’il s’agit a priori d’une version OEM, c’est-à-dire destinée à être livrée et installée sur un ordinateur neuf, le chef de produit de Windows 7 met en garde ces magasins, qui « courent un risque considérable : ils vont perdre leur licence et s’exposent à des poursuites ».
Il ne reste donc plus que quelques heures avant de pouvoir acquérir – officiellement et légalement – une version de Windows 7, avec ou sans machine. Microsoft a tout fait pour que son nouveau système d’exploitation ne reproduise pas les erreurs de son ainé, Windows Vista. Et le système semble d’ailleurs bénéficier d’un accueil plus que favorable, que ce soit de la part du grand public comme des professionnels de l’informatique et des nouvelles technologies.
Akyryn
[1] : Lepoint.fr
Une édition Game of the Year pour Fallout 3
Enfin ! clament tous les mordus de ce jeu de rôle post-apocalyptique. Vendredi 16 octobre sortait l’édition Jeu de l’Année du hit de Bethesda. Une version qui comprend le jeu de base ainsi que ces cinq extensions.

Des mutants, de l'humour noir et du Nuka-Cola.
Les développeurs l’avaient annoncé : Mothership Zeta serait la dernière extension de Fallout 3. Depuis la sortie en octobre 2008 du jeu original, les petits gars de Bethesda n’ont pourtant pas chômé. Le studio a développé quatre autres extensions : Operation : Anchorage, The Pitt, Broken Steel et Point Lookout. Seul bémol, il fallait débourser près d’une dizaine d’euros pour un seul de ces contenus téléchargeables. Depuis vendredi, ils sont donc réunis sous boîte avec le jeu de base, pour une somme de 60 euros sur X360 et PS3 et de 50 euros sur PC. À essayer si vous n’avez pas encore eu l’occasion d’errer dans un Washington D.C. ravagé par un conflit nucléaire.
Akyryn
Le procès de The Pirate Bay entaché par une affaire de conflit d’intérêts
Nouveau rebond dans le très médiatisé procès qui oppose The Pirate Bay aux lobbys de l’industrie culturelle. Une radio suédoise a révélé que le juge qui a condamné les quatre accusés était membre de deux organisations de défense des droits d’auteurs, au même titre que les avocats de la partie civile.

Téléchargement illégal : manque d'objectivité de la justice ? (Photo : Clubic.com)
Après dix-huit mois d’enquête et deux mois de procès, le tribunal avait rendu ses conclusions le 17 avril. Frederik Neij, Gottfrid Svartholm et Peter Sunde, les fondateurs du site, ainsi que l’homme d’affaire Carl Lundström, sont jugés coupables. Ils écopent chacun d’un an de prison ferme et doivent verser une amende globale de 2,74 millions d’euros pour incitation et aide au piratage. Or, le 23 avril, la radio locale suédoise Sveriges Radio a révélé que le juge Tomas Norström était membre de l’Association suédoise pour la propriété intellectuelle (SFIR), mais également de l’Association suédoise du droit d’auteur (SFU).
Le juge connaissait donc bien les avocats de certains ayant droits qui représentaient l’industrie culturelle lors du procès. Les quatre membres du site The Pirate Bay ont fait appel, et espèrent que cette nouvelle va changer la situation : « le conflit d’intérêts, quelle que soit sa nature, est un problème pour le pouvoir judiciaire ». Le juge Norström n’a pas démenti ces informations, mais a garanti son impartialité lors du procès : « Je ne me considère pas influencé par ces affiliations ». Cet évènement pourrait rendre la décision du tribunal comme invalide. C’est à la cour d’appel de décider si le procès devra être refait.
Akyryn
Hadopi : où en est-on ?
Contre toute attente, le projet de loi Création et Internet a été rejeté à l’Assemblée nationale jeudi 9 avril. S’en est suivi une vague d’euphorie sur la toile. Forums, blogs ou sites spécialisés : difficile de trouver un internaute qui ne se réjouit pas de cette victoire. Le gouvernement ne compte pourtant pas reculer devant cet échec.
« Un naufrage législatif » ou encore « la formidable victoire pour les citoyens » : c’est un exemple du florilège d’expressions qui fleurissent sur le net depuis une semaine. Or, les internautes sont toujours menacés. Rejeté par la commission paritaire à 21 voix contre 15, alors que les députés UMP étaient en minorité, le texte doit être représenté le 29 avril. La ministre de la Culture et de la Communication avait même mis sa démission en jeu si le projet de loi n’était pas représenté. Le message est clair : le gouvernement ne fléchira pas. « C’est une affaire personnelle » pour Christine Albanel, qui « souhaite le développement d’Internet comme vecteur culturel ».

Le 9 avril, le projet de loi Hadopi a été rejété à 21 voix contre 15.
Le gouvernement rencontre de plus à plus de détracteurs. Outre les internautes, la presse spécialisée. La pétition anti-Hadopi du magazine SVM a rassemblé plus de 50 mille signatures à ce jour. Le principal opposant au projet de loi reste le Parlement européen. Le 26 mars, il a adopté un rapport mentionnant que la coupure de l’accès au net, sanction ultime de la loi Création et Internet, « ne devrait pas être refusé comme une sanction par des gouvernements ou des sociétés privées. » L’eurodéputé à l’origine de ce rapport précise que « garantir l’accès de tous les citoyens à Internet équivaut à garantir l’accès de tous les citoyens à l’éducation ».
La loi sera donc représentée le 29 avril, en vers et contre tous. Roger Karoutchi, secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, a même proposé de sanctionner l’absentéisme parlementaire. C’est ce qui a fait défaut à la majorité lors du vote du projet de loi le 9 avril. Même s’il redouble d’efforts, le gouvernement sait qu’il y a peu de chances que le même coup de théâtre se reproduise. Les internautes les plus angoissés pourront suivre le déroulement de la commission paritaire. Sait-on jamais, le Parlement n’est jamais à l’abri d’une nouvelle surprise.
Akyryn
NoMajorMusik : un OVNI au Midem
NoMajorMusik est un site qui s’annonce comme une petite révolution dans le milieu de la musique. En plus de permettre aux jeunes artistes de partager leurs compositions, cette plate-forme développe un système permettant aux internautes et aux musiciens de travailler main dans la main.
NoMajorMusik est une plate-forme communautaire où les internautes peuvent librement partager leur musique. Jusque là, rien de révolutionnaire. Ce genre de site a déjà fait ses preuves avec RadioBlogClub, qui était en quelques sortes le précurseur. Aujourd’hui, RadioBlogClub a été remplacé par Jiwa et Deezer, qui à eux deux regroupent près de 5 millions de titres. Avec NoMajorMusik, ce sont les artistes qui mettent en ligne leurs propres compositions. Le site s’adresse aux groupes qui n’ont pas de maison de disques ou qui n’ont pas réussi à s’auto-produire. Ces artistes peuvent ainsi diffuser leur maquette sur le site. La philosophie de NoMajorMusik est de permettre aux jeunes artistes de s’affranchir un peu des difficultés habituelles pour se faire éditer. Cette plate-forme communautaire se présente comme une alternative sérieuse pour les jeunes groupes ou les artistes qui galèrent depuis des années à signer un contrat avec une maison de disque.

NoMajorMusik, une voie royale pour les jeunes artistes ?
En fermant le site aux artistes connus et aux habitués de la scène musicale, NoMajorMusik peut manquer de moyens. Il n’en est rien : le site a développé un concept relativement simple, mais novateur sur le paysage de la diffusion musicale numérique. Le succès de NoMajorMusik repose sur deux acteurs principaux. D’une part, les musiciens : ils peuvent créer leur page sur le site, à l’image de MySpace, avec quelques titres, une biographie et des photos. NoMajorMusik met en œuvre de nombreux moyens pour que les artistes les plus actifs et motivés se fassent connaitre. Un artiste a ainsi une jauge de 3000€ à remplir. C’est là que les internautes interviennent. Ces derniers peuvent miser de petits sommes sur leurs artistes favoris. Une fois qu’un musicien atteint le seuil des 3000€, il passe au stade de production. Ce qui signifie que tous les internautes qui ont parié sur l’artiste deviendront co-producteurs. L’artiste et les producteurs toucheront équitablement les recettes des ventes, à savoir 40% chacun. NoMayorMusik touche pour sa part 20% des ventes.
Une fois l’album en vente, NoMajorMusik s’engage à produire l’artiste jusqu’au bout : c’est-à-dire son enregistrement dans un studio professionnel, puis mise en vente sur le NoMajorMusik Store ainsi que sur les sites de plus de 1500 partenaires, dont l’iTunes Store ou le Virgin Mega Store. NoMajorMusik a mis en place des alliances avec de nombreux festivals et radios nationales. Le site se charge de faire un maximum de publicité autour du groupe. Ce dernier jouera dans de nombreuses salles et sera diffusé sur les ondes. La promotion des artistes passe aussi par des interviews, des reportages, ou encore des clips. Pour finir, l’artiste a une chance de figurer dans une compilation des meilleurs titres du site, qui sortira en CD par le circuit classique. NoMajorMusic, après un an d’existence, sera présenté mardi 20 janvier au Midem. Pour les créateurs du site, c’est une façon de sortir du clivage habituel, où on entend en boucle les mêmes artistes et où les majors régissent tout. Reste à voir si ce système est viable sur du long terme, car sur plus de 3000 titres pour l’instant, seulement une dizaine ont déjà franchi le stade de production.
Akyryn

